Produits artificiels créés par l’homme, présentant une longue liste d’ingrédients souvent indéchiffrables, décomposés ou modifiés, les aliments ultra-transformés représentent un sérieux danger pour notre santé. On vous explique comment les reconnaître et comment les éviter.

Nous voilà donc liste en main, motivés, prêts à arpenter les rayons-boutiques-fermes-coopératives qui s’offrent à nous. Et là, nous sommes saisis d’une angoisse : faire ses courses est devenu compliqué. Il y a tellement d’offre qu’on ne sait plus vraiment quoi prendre, ce qui est bon pour nous, ce qui ne l’est pas.

« Le marketing industriel est trompeur, les journaux le disent, les presses spécialisées comme « 60 Millions de consommateurs » et « Santé, Nature et Innovation » nous mettent en garde tandis qu’un ancien acheteur de l’industrie agro-alimentaire dénonce : on cherche à nous tromper, les industriels promettent des bénéfices santé qui n’existent pas, des jambons qui n’ont plus rien à voir avec une cuisse de cochon et qui contiennent tellement d’eau, de sel et d’additifs qu’on ne sait plus très bien ce que l’on mange, le miel qui vient de Chine et ne contient que du sucre… On rebondit de scandale alimentaire en scandale alimentaire à en perdre son latin », explique Linda Gray, coach sportif certifié AIF (Australian Institute of Fitness) et nutrithérapeute au SIIN (Institut Scientifique pour une Nutrition raisonnée). Elle est également créatrice de Mouv’Eat, spécialisée en remise en forme et nutrition-santé, auteur de l’ouvrage « Donnez du goût à votre santé » (les clés d’une hygiène de vie durable).

Classification SIGA

Du coup, se pose la problématique des aliments ultra-transformés. De quoi s’agit-il ? La classification SIGA qui est validée par la science, reconnue à l’international et utilisée par les décideurs politiques de certains pays, classe les aliments selon quatre catégories : les aliments bruts pas ou peu transformés (les aliments naturels qui n’ont subi aucune transformation mais plutôt des traitements technologiques de base en vue de les conserver, comme le lavage, le découpage, le filtrage, le décorticage, la congélation ou encore la pasteurisation), les ingrédients culinaires (des aliments peu transformés nécessaires à la préparation des aliments du groupe 1 pour cuire et assaisonner comme les huiles, les graisses animales ou le vinaigre), les aliments transformés (composés à partir des aliments du groupe 1 et du groupe 2, utilisant des procédés technologiques comme le fumage, le séchage, la fermentation ou la mise en conserve, bref, les produits artisanaux) et, enfin, les aliments ultra-transformés.

« Dans cette catégorie on ne trouve que des produits artificiels créés par l’homme, présentant une longue liste d’ingrédients souvent indéchiffrables, décomposés ou modifiés, qu’on ne retrouve pas dans notre cuisine, qui sont des dérivés de constituants alimentaires et d’ingrédients culinaires (comme le sirop de fructose-glucose, le lactose, l’amidon modifié, l’extrait de malt d’orge ou encore le gluten). On y retrouve des additifs en quantité qui ont pour objectif d’imiter ou d’exacerber les qualités sensorielles de l’aliment (couleur, goût, texture…) voire de masquer certains résultats indésirables (colorants, exhausteurs de goût, etc.). Bref, on ne distingue plus l’aliment qu’on mange. A ce jour, 70% des produits emballés qui composent l’offre des supermarchés sont des aliments ultra-transformés », ajoute Linda Gray, citant le livre « Halte aux aliments ultra-transformés, mangeons vrai » du Docteur Anthony Fardet (Thierry Souccar Editions). Cela inclut notamment les margarines et pâtes à tartiner, les saucisses et la charcuterie, les hamburgers et hot-dogs, les nuggets, la viande reconstituée mais aussi le lait concentré, les yaourts aux fruits, des desserts préparés, la biscuiterie et la viennoiserie, les céréales du petit-déjeuner, sans oublier les bonbons, les barres énergétiques, les nectars de fruit, les plats cuisinés industriels, les produits préparés pour bébés, les produits amaigrissants et substituts de repas…

Linda Gray: « 70% des produits emballés qui composent l’offre des supermarchés sont des aliments ultra-transformés »

Maladies inflammatoires

« Il n’est pas simple de s’y retrouver car les industriels n’hésitent pas à prendre un ingrédient isolé de leurs produits ultra-transformés pour revendiquer des bénéfices santé pour des produits qui, dans leur globalité, présentent un profil nutritionnel défavorable (comme le pain de mie complet ou le yaourt sucré light). Mais ne vous méprenez pas, une offre abondante en la matière existe aussi dans les magasins bio. Seuls les magasins de vrac qui par nature s’en tiennent plus aux produits bruts présenteront une offre quasi exempte d’aliments ultra-transformés », ajoute la nutri-thérapeute.

Pourtant, de plus en plus d’études pointent du doigt la responsabilité des produits ultra-transformés dans la forte croissance des maladies de civilisation (surpoids, obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires, stéatose hépatique non alcoolique et certaines formes de cancers) qu’on pourrait d’ailleurs qualifier de « maladies d’industrialisation » mais aussi des intolérances alimentaires qui pourront être à l’origine des maladies inflammatoires ou auto-immunes, également en forte croissance.

« Bref, il faut limiter les produits transformés et surtout éviter les produits ultra-transformés autant que possible. Visons plutôt des produits bruts comme les yaourts nature non dénaturés et sans additifs, les noix non toastées, non grillées, non salées et non-aromatisées, les céréales et farines non-raffinées, les purs jus de fruits non pasteurisés, les fruits secs sans sucre ajouté… On prend des produits les plus naturels possibles pour leur donner plus de valeur ajoutée dans la cuisine », conclut-elle.

Eva Deuzer

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