Après « Monsieur et Madame Adelman », Nicolas Bedos retourne derrière la caméra pour mettre en scène « La Belle Epoque » et offrir un très beau rôle à Daniel Auteuil. A découvrir en ce moment dans les salles obscures.

En mars 2017, Nicolas Bedos signait son premier long-métrage en tant que réalisateur : « Monsieur et Madame Adelman ». Certes, le film n’est pas parfait. Il contient les défauts d’une première œuvre : longueurs, complaisances, exagérations… Cependant, la pellicule laissait déjà entrevoir une réelle maîtrise de l’art de la mise en scène ainsi qu’un sacré talent pour l’écriture scénaristique.

Alors, coup de chance du débutant ou naissance d’un véritable cinéaste ? Ne tergiversons pas, c’est clairement la deuxième option. A l’aune de l’ovation reçue au dernier Festival de Cannes où il était présenté hors compétition, « La Belle Epoque », est bien parti pour connaître la même carrière que « Le Grand Bain » du copain Gilles Lellouche. Un triomphe populaire qui serait entièrement mérité pour le fils Bedos, lequel confirme ici son statut d’auteur de cinéma. On en veut pour preuve l’idée centrale géniale et tellement cinématographique de son récit, par ailleurs écrit au cordeau : une société propose à ses clients de s’immerger dans l’époque de leur choix à la manière d’un jeu de rôles.

Comme dans son précédent métrage, le protagoniste se prénomme Victor (Daniel Auteuil, excellent). Ce sexagénaire désabusé et mélancolique voit sa vie bouleversée le jour où Antoine (Guillaume Canet, parfait), un brillant entrepreneur, lui propose une attraction d’un genre nouveau : au moyen des artifices théâtraux (comédiens, décors, costumes, maquillage, mise en scène…), cette entreprise plonge ses clients dans une reconstitution minutieuse d’un environnement préalablement choisi. Si d’aucuns se prennent pour des nazis dans un conseil de guerre, d’autres rêvent d’une cuite au bar avec Hemingway. Victor, lui, choisit de revivre la semaine la plus marquante de sa vie: celle où, quarante ans plus tôt, il rencontra le grand amour (Fanny Ardant, bouleversante).

Les thuriféraires comme les détracteurs du trublion français s’accorderont sur un fait : Nicolas Bedos dispose d’un don indéniable pour l’écriture. De sa plume férocement sentimentale se libère une verve poétique qui alimente un métrage tour à tour drôle et émouvant. Il s’en dégage un souffle romanesque qui nous envoûte dès les premières minutes et ne nous lâche plus. C’est que le réalisateur ne laisse rien au hasard : il soigne le rythme, fluidifie le récit, cisèle ses dialogues à la serpe. Saillies piquantes, punchlines percutantes, mais aussi envolées lyriques et questionnements existentiels, son scénario est une vraie bénédiction pour tous ceux qui rêvent de divertissements intelligents.

Thibaut Van der Noot

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