La grisaille et la fraîcheur s’afficheront encore au programme de ce week-end. Une bonne raison pour aller se réfugier dans les salles obscures. Découvrez notre sélection de trois films bien différents à découvrir maintenant au cinéma.

Ford v Ferrari (Le Mans ’66)

Ford v Ferrari. Henry Ford, deuxième du nom, contre Enzo « Il Commendatore » Ferrari, premier du nom. Le deuxième qui rêve de se faire une place au soleil et faire de l’ombre au premier, lequel ne cesse d’attirer la lumière. Tel est le pitch du nouveau long-métrage signé James Mangold, désormais connu du grand public pour être parvenu à occire le X-Man Wolverine dans le ténébreux « Logan ». Changement de registre, donc, pour ce réalisateur imprévisible et sous-estimé qui, film après film, se construit une filmographie aussi éclectique que quasiment irréprochable (Identity, Walk The Line, Copland).

Coup d’œil dans le rétroviseur : nous baignons dans les golden sixties et le fameux constructeur américain ambitionne de réaliser un résultat lors la mythique course des 24 Heures du Mans. Un beau coup de pub pour le fabricant automobile qui souhaiterait par-là dynamiser l’attrait pour ses voitures. Pour cela, la firme recrute l’ex-coureur Carroll Shelby (Matt Damon) et son pilote britannique Ken Miles (Christian Bale, en mode performance pour décrocher la pole position à l’Oscar). Leur objectif : construire à partir de rien un nouveau bolide capable de détrôner le Cheval cabré lors du Mans ’66. Si de petites longueurs jalonnent çà et là le métrage (2h32), on reste par contre scotché à notre siège dès que les moteurs vrombissent.

J’accuse

Polanski. Un patronyme qui déchaîne les passions. Tant dans la presse cinématographique que dans les médias généralistes internationaux. Preuve en est encore cette semaine avec la sortie de son nouveau film d’une part, et les nouvelles accusations de viol d’autre part. Dans « J’accuse », on aimerait dissocier l’homme de l’artiste mais c’est tout bonnement impossible tant l’affaire Dreyfus renvoie directement au sombre passé du Polonais. Ce dernier force d’ailleurs les parallèles en se mettant lui-même en scène lors d’un caméo. En cela, on peut se poser la question des véritables intentions du cinéaste. N’y a-t-il pas une part d’ironie dans ce projet ? On pourrait ergoter longtemps sur les arrière-pensées du réalisateur. Mais, il ne faudrait pas oublier les qualités cinématographiques intrinsèques de son nouveau long-métrage, à un poil du chef-d’œuvre.

D’emblée, le metteur en scène nous glace le sang avec une scène d’une puissance folle : la dégradation du soldat juif Alfred Dreyfus, accusé de crime de haute trahison. Devant un parterre de militaires et d’officiels, on lui retire ses insignes, son arme, au rythme de la lecture du chef d’accusation. Mais face à l’humiliation publique, l’homme, réduit au rôle de bouc émissaire, garde son sang-froid, la tête haute. Incarné par un impeccable Louis Garrel, ce n’est pourtant pas lui que l’on va suivre durant les deux heures douze du film mais bien Jean Dujardin, remarquable dans le costume du lieutenant-colonel Picquart. Cet homme de l’ombre qui fera tout pour innocenter Dreyfus est fascinant. L’acteur trouve ici un grand rôle.

Midway

Roland Emmerich, Michael Bay, même combat ! La même fascination pour le destruction porn, entendez ces films de destruction massive qui veulent vous divertir à grand renfort d’effets pyrotechniques et de tôle froissée. On doit au premier les bruyants Independance Day, 2012, The Day After Tomorrow ou encore Godzilla tandis que le deuxième s’est illustré avec les non moins assourdissants Transformers, Armageddon, 13 Hours et… « Pearl Harbor ».

Tiens, tiens, un film de guerre, voilà qui manquait à l’arsenal de l’Allemand. Et pourquoi ne pas prendre la bataille de Midway ? Un bon prétexte pour remaker rapidement l’épisode Pearl Harbor, casus belli qui a déclenché l’incursion des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. Midway est donc un blockbuster totalement assumé qui mise tout sur ses effets spéciaux afin de vous divertir sans trop réfléchir. A conseiller uniquement aux amateurs du genre.

Thibaut Van der Noot

Vous souhaitez recevoir votre journal par email le dimanche, notre agenda du week-end le jeudi et ne rien manquer de nos actus, de nos concours ou des meilleures offres de nos partenaires ?
Inscrivez-vous à nos newsletters !