Premier film post-MeToo, « Scandale » revient sur une sordide affaire d’agression sexuelle qui éclaboussé le monde médiatique aux Etats-Unis. Devant la caméra, un casting quatre étoiles: Charlize Theron, Nicole Kidman et Margot Robbie.

Coup de projecteur sur l’affaire Roger Ailes, brûlot médiatique qui a secoué Fox News durant la dernière campagne présidentielle des Etats-Unis. Avec un titre comme « Bombshell », ou « Scandale » en version française, et au regard de son sujet sulfureux, on s’attend évidemment à un film un brin fouille-merde qui va au bout de ses intentions, ne craignant pas de gratter là où ça fait mal.

Verdict ? Le long-métrage le fait de façon exemplaire, armé de détails dignes d’une investigation journalistique et d’une férocité acrimonieuse, en n’hésitant pas à pointer du doigt les personnes impliquées. Managers, producteurs, présentateurs et jusqu’à l’actuel président Donald Trump, tous y passent sous la plume acérée et incisive du scénariste Charles Randolph, lauréat d’un Oscar pour l’excellent « The Big Short ».

#MeToo

Inspiré de faits réels donc, « Bombshell » nous plonge dans les coulisses de la petite lucarne. Des premières étincelles à l’explosion médiatique, on découvre comment des femmes journalistes ont réussi à briser la loi du silence pour dénoncer l’inacceptable et faire tomber « l’homme le plus puissant des médias », dixit Barack Obama.

Dans le viseur : le magnat Roger Ailes, PDG de Fox News Channel, le réseau d’information câblé le plus regardé par les Américains. De multiples accusations de harcèlement sexuel ont eu raison du nabab. On suit trois femmes, trois points de vue éclairant cette sordide affaire : Gretchen Carlson, présentatrice arrivée à sa « date de péremption » comme le fait comprendre son patron, Megyn Kelly, actuelle vedette qui fait grimper l’audimat, et Kayla Pospisil, junior ambitieuse aspirant à briller devant la caméra (seul personnage fictif du trio).

Trois femmes ayant subi les assauts déplacés d’un homme en position de pouvoir. Une affaire qui n’est pas sans rappeler un certain mouvement : #MeToo. Ainsi, et à bien des égards, on ne peut s’empêcher de penser au scandale lié à Harvey Weinstein, mogul derrière le studio Miramax.

Devant la caméra, Charlize Theron, Nicole Kidman et Margot Robbie livrent des interprétations convaincantes. Quant à Roger Ailes, il est magnifiquement incarné par John Lithgow, excellent Winston Churchill dans la série « The Crown ». « Scandale » est à découvrir dès le mercredi 29 janvier prochain dans les salles obscures belges.

Thibaut Van der Noot

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