Retour aux sources pour Guy Ritchie qui revient dans les salles obscures avec une envie boulimique de cinéma. En haut de l’affiche de « The Gentlemen », Hugh Grant et Matthew McConaughey s’amusent à jouer les gangsters sans scrupules.

Vous avez tripé sur « Lock, Stock and Two Smoking Barrels ». Vous avez pris une droite avec « Snatch » ? Et une balle avec « Revolver » ? Vous ne vous êtes toujours pas remis de l’atmosphère « RocknRolla » ? Alors, vous allez apprécier ces « Gentlemen », la nouvelle dinguerie paraphée Guy Ritchie. De retour aux affaires après s’être quelque peu perdu dans le mainstream stérile, avec un blockbuster maous costaud par-ci (le flop retentissant de King Arthur), et un film de commande on ne peut plus impersonnel par-là (le remake live action d’Aladdin de Disney), l’Anglais retrouve son panache d’antan en retournant à ses premières amours, soit le gangster movie choral émaillé de personnages truculents à l’accent cockney. Action !

Arnaques, crimes et botanique

Au menu du jour: arnaques, crimes et botanique. Soit le cocktail parfait pour cuisiner un métrage bien allumé. Bref, l’aficionado du style ritchien se trouve plus en terrain connu qu’en terre inconnue. Quand Mickey Pearson (Matthew McConaughey, comme un poisson dans l’eau), baron en tweed de la weed des bas-fonds londoniens, laisse entendre qu’il pourrait se retirer du business, ce dernier dégoupille une grenade dont la déflagration implique des chinois par-ci, des juifs par-là, ainsi que des petites frappes en jogging. Et le Melting Pot Anglais de devenir le théâtre de tous les chantages, complots, trahisons, corruptions et enlèvements. Dans cette jungle bouillonnante où l’on ne distingue plus ses alliés de ses ennemis, il n’y a de la place que pour un seul roi.

Galerie de personnages tous plus azimutés les uns que les autres, intrigues tortueuses, sursauts de violence, dialogues mitraillette ciselés, éclats de mise en scène, le réalisateur britannique se défoule comme un enfant qui se réjouit de retrouver son coffre à jouets trop longtemps confisqué. Une joie communicative tant le spectateur s’amuse devant cette histoire rocambolesque ou des gueules pittoresques s’entre-tuent à qui mieux mieux pour une forêt de marie-jeanne souterraine planquée chez les aristos. Une idée de génie. Tout comme celle de confier des rôles à contre-emploi à ses acteurs : Colin Farrell en grand frère bienveillant de la téci, Charlie Hunnam en bras droit taciturne, Henry Golding en margoulin ou encore Hugh Grant en plumitif véreux. Il fallait oser.

A découvrir dès le mercredi 26 février prochain dans les cinémas et déjà en avant-première dans quelques salles obscures du pays ce week-end. Par ici pour consulter les séances.

Thibaut Van der Noot

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